Nos 10 mesures pour retrouver #LaForceDAvancer

À l’heure où 1 français sur 5 connaît à un moment de sa vie un trouble psychique, nous sommes tous concernés par la santé mentale. Pourtant, les retentissements sur la vie quotidienne des troubles schizophréniques, de la bipolarité, des dépressions sévères, des troubles anxieux, peuvent entraîner des handicaps invisibles, aujourd’hui encore non compensés. Ces troubles restent tabous et génèrent beaucoup d’incompréhension.

Mettre en place une agence nationale pour la santé mentale et psychiatrie

Concrètement :

L’Unafam demande la mise en œuvre d’un véritable plan santé mentale, doté de moyens financiers, porté par une agence nationale pour en finir avec les rapports successifs laissés sans suite. Cette agence sera chargée de coordonner les actions de prise en charge de toutes les maladies psychiques et de promotion de la santé mentale. Elle associera tous les acteurs dans une vision intégrée : prévention et santé mentale, maladies et handicap d’origine psychique, déstigmatisation et citoyenneté, recherche.

On ne nous dit jamais les choses.
On découvre toujours sur le moment. On est toujours mis devant le fait accompli.

Catherine, mère d’une fille vivant avec des troubles psychiques

Doubler le budget consacré à la recherche sur la santé mentale et la psychiatrie pour le quinquennat 2022 - 2027
Concrètement :

Les troubles psychiques ne sont pas une fatalité. Les récents progrès de la recherche en psychiatrie sont porteurs d’espoir. Pourtant, l’insuffisance des moyens qui lui sont consacrés est criante. En France, seuls 4 % du budget de la recherche biomédicale sont alloués à la psychiatrie – contre 7 % en Grande-Bretagne, 10% en Finlande et 16 % aux États-Unis.

L’Unafam pense qu’il est plus que jamais temps de doter la France d’un programme ambitieux pour développer les projets de recherche, abordant à la fois une approche neuroscientifique et génétique de la santé mentale et des approches psychosociales et orientées vers le rétablissement des personnes touchées par les troubles psychiques.

Source : rapport académie de médecine, étude Roamer

Ça a été vraiment la délivrance. Ma fille est malade, mais ce n’est pas ça que j’ai retenu. Ce que j’ai retenu, c’est qu’enfin quelqu’un de l’extérieur, un soignant, me disait que mon fils était malade et que peut-être nous allions trouver ce qu’il a et réussir à le soigner.

Catherine, mère d’une fille vivant avec des troubles psychiques

Rendre obligatoire la formation aux premiers secours en santé mentale pour l’ensemble des services publics accueillant du public

Concrètement :

Les agents de l’État en contact avec le public sont aujourd’hui quotidiennement confrontés à des comportements déroutants, voire agressifs. Il est essentiel de les aider à réagir à des manifestations de troubles psychiques qui requièrent des réponses appropriées.

L’Unafam souhaite rendre obligatoire la formation aux premiers secours en santé mentale pour ces agents. Mieux informés et ainsi formés à être secouristes en santé mentale, ils seront davantage préparés pour répondre aux difficultés croissantes d’un environnement post-COVID, anxiogène pour tous.

J’avais honte en fait, car j’avais fait n’importe quoi en phase de manie, j’osais même plus répondre à mes potes. Je me suis terré dans une cachette.

Maxime, personne concernée

Donner accès aux dispositifs de compensation du handicap aux personnes en situation de handicap psychique

Concrètement :

La reconnaissance du handicap psychique est inscrite dans la loi depuis 2005. Mais l’accès aux dispositifs de compensation, et notamment aux aides humaines, reste un parcours du combattant, demande plusieurs années et est encore très limité : seulement 7% perçoivent la prestation de compensation du handicap (Baromètre Unafam 2021). Choisir son lieu de vie, être soutenu pour accéder à l’autonomie est un droit. Ne pas répondre aux besoins de ces personnes est une discrimination.

L’Unafam souhaite que les dispositifs de compensation du handicap soient accessibles aux personnes en fonction de leurs besoins.

J’ai fait une première demande pour le SAMSAH au niveau de la Commission des droits et de l’autonomie des personnes handicapées (CDAPH), il m’a été refusé. Ils pensaient que la maison associative de mon frère disposait de personnels médicaux, ce qui n’était pas le cas. […] On est tenace, parce qu’il y a beaucoup de personnes qui auraient abandonné. Nous, on a fait appel devant le tribunal, ce qui nous a permis d’avoir le SAMSAH. Depuis, ça va beaucoup mieux.

Sami, frère d’une personne vivant avec des troubles psychiques

Développer les dispositifs de logements accompagnés pour permettre aux personnes en situation de handicap psychique d’accéder et de se maintenir dans un logement
Concrètement :

Aujourd’hui, il est quasi impossible pour une personne en situation de handicap psychique de choisir son lieu de vie, impossible d’accéder de manière effective à un accompagnement répondant à ses besoins. Pour les personnes, pour leurs aidants, cette absence de choix impose une vie commune (30% vivent chez leurs parents), une existence sans un toit pour vivre et se soigner (1/3 des personnes à la rue souffrent de troubles psychiques) ou un exil en Belgique faute de solutions adaptées en France.

L’Unafam demande la création de 5 000 places de résidence accueil, et le financement d’une aide à la personne pour un soutien à l’autonomie, qu’elle vive seule ou en habitat partagé.

Concrètement, sur le terrain, aujourd’hui, les progrès sont quand même petits. Il y a des promesses sur le plan politique, comme les projets territoriaux de santé mentale (PTSM). Mais on a du mal à en voir les effets. Le nombre de personnes qui sont en attente de places en SAMSAH ou SAVS depuis des années, c’est une perte de chance énorme pour elles.

Sami, frère d’une personne vivant avec des troubles psychiques

Ouvrir à toute personne souffrant de troubles psychiques l’accès aux dispositifs d’accompagnement vers et dans l’emploi

Concrètement :

En France, seulement 19% des personnes vivant avec des troubles psychiques travaillent, 58% ont déjà travaillé mais n’ont pu se maintenir en emploi (Baromètre Unafam 2021). Il n’y pas de fatalité, mais un frein majeur à lever pour rendre plus accessibles les dispositifs d’accompagnement. Car pour être accompagné vers et dans l’emploi, il faut d’abord engager des démarches pour être reconnu “travailleur handicapé”, et beaucoup ne s’y résolvent pas de peur d’être stigmatisés. L’emploi est un facteur de rétablissement important.



L’Unafam demande que cet accompagnement soit mis en œuvre sur simple certificat médical.

Au niveau travail, gros problème. Il n’a pas été suivi, on l’a traité de voyou, son maître d’apprentissage l’a viré et il s’est retrouvé avec plus rien.

Alicia, mère d’un fils vivant avec des troubles psychiques

Former 20% des médecins et infirmier(e)s scolaires par an aux problèmes de santé mentale chez les jeunes

Concrètement :

La santé mentale est une des premières causes de consultation chez les jeunes. Les personnels de santé des établissements scolaires sont en première ligne pour faire face à l’accroissement sensible de ces pathologies. Leur formation initiale ne les outille pas spécifiquement pour dépister, orienter et prévenir ce type de troubles chez les jeunes.

Pour répondre à leurs besoins, l’Unafam demande que 20% des médecins et infirmier(e)s scolaires soient formés chaque année aux premiers secours en santé mentale.

Il faut parler des troubles psychiques, il ne faut plus que ça soit tabou. Pour la jeunesse c’est important de connaître aussi ces maladies. Ce ne sont pas de “mauvaises” maladies. Ce sont des maladies comme les autres.

Alicia, mère d’un fils vivant avec des troubles psychiques

Organiser les équipes du SAMU pour qu’elles disposent de compétences psychiatriques 24h/24
Concrètement :

30 % des appels au SAMU sont liés à des troubles psychiques alors que les compétences psychiatriques sont très rares au sein du SAMU. Cette situation génère aujourd’hui une perte de temps et une dégradation de l’état de tous les patients qui composent le 15.

L’Unafam demande que tous les SAMU disposent d’une compétence psychiatrique 24h/24, pour apporter des réponses adaptées et favoriser une meilleure prise en charge des personnes.

On m’a dit : “Mais votre fils il va très bien, il a simplement besoin qu’on s’occupe de lui, Madame”. Pas de diagnostic, il n’était pas malade. Je suis repartie avec ça en me disant que mon fils n’avait pas de maladie psychique et que c’était donc bien un problème éducatif… sauf que non…

Alicia, mère d’un fils vivant avec des troubles psychiques

Créer une équipe mobile dans chaque secteur psychiatrique pour limiter l’hospitalisation et les ruptures de parcours

Concrètement :

35% des personnes souffrant de troubles psychiques ont été hospitalisées plus de 5 fois (Baromètre Unafam 2021). Les équipes mobiles vont à la rencontre des personnes sur leur lieu de vie, pour être au plus près de leurs besoins. Elles sont encore trop peu nombreuses.

L’Unafam demande le déploiement d’équipes mobiles dans chaque secteur de psychiatrie pour renforcer cette démarche du “aller vers”, prendre en charge les situations aiguës et réduire les réhospitalisations et le taux de suicide.

Sur le soin je ne peux pas dire de choses positives parce que même aujourd’hui, le psychiatre de mon frère, je ne le connais pas. Il n’a même jamais demandé à me voir. Je suis en dehors. Pourtant, c’est moi qui m’occupe de mon frère. Pour eux, ils soignent mon frère, et moi, je suis une pièce rapportée qui n’a pas à se mêler de ça. […] Je m’occupe de mon frère depuis 20 ans, j’ai rencontré deux fois le psychiatre.

Sami, frère d’une personne vivant avec des troubles psychiques

Faire de la santé mentale et de la psychiatrie une grande cause nationale

Concrètement :

La crise sanitaire a bousculé nos repères et mis en lumière l’importance de la santé mentale. Et pourtant les préjugés conduisent encore à exclure les personnes concernées par des troubles psychiques. 63% des familles témoignent de l’incompréhension et de la peur de leur entourage à l’annonce de la maladie psychique de leur proche (Baromètre Unafam 2021).

L’Unafam demande de faire de la santé mentale et de la psychiatrie une grande cause nationale, ce qui permettra à la France d’afficher son ambition de placer cet enjeu au cœur de sa politique de santé.

Au début on n’en parle pas, c’est tabou. Dans cette période-là, j’en ai parlé avec ma sœur, mais pas avec le reste de la famille. Il y a une sorte d’isolement qui s’installe, c’est une réalité. Il y a un désert qui se crée tout autour de nous.

Roger, frère d’une personne vivant avec des troubles psychiques